Programme
Jour 1 - Mercredi 6 Novembre 2024
Le déroulement du colloque sera présenté par l'équipe de direction du LabEx SITES et de l'IFRIS
Cette session fait écho au texte d'appel de ce colloque. Elle sera portée par deux conférences sucessives de Fred Steward et de Emilia Sanabria.
- Fred Steward (Westminster Univ.): Sociotechnical contributions to the construction and critique of transition policy
- Emilia Sanabria (CNRS, CERMES-3): Science’s “Savage Slot”: the appropriation and erasure of Indigenous science in the psychedelic renaissance
Convenor: David Demortain (INRAE, UMR LISIS)
Ces conférences seront suivies d'un débat avec la salle.
Fred Steward : Sociotechnical contributions to the construction and critique of transition policy.
Le discours politique, y compris celui des institutions internationales telles que la CCNUCC, l'OCDE et le PNUE, montre un intérêt croissant pour la transition et la transformation. Ces institutions aspirent à favoriser un changement systémique délibéré qui transcende les frontières entre science et société, connaissance et marché, technologie et comportement. Pourtant, le répertoire conceptuel employé reste souvent réductionniste plutôt que relationnel. Notre vaste champ interdisciplinaire d'études sur la connaissance et l'innovation utilise des cadres "sociotechniques" pour aborder de manière productive l'hétérogénéité qui transcende les frontières. Cependant, il est clair que les anciens clivages entre approches technologiques et celles axées sur le marché persistent de manière frappante dans le domaine politique. Nous devons nous demander si nos approches sociotechniques peuvent être partagées plus efficacement. Bien que la diversité présente des avantages, elle peut également limiter l'application pratique dans un contexte de politique. Malgré des racines communes, les trois domaines des études de science et technologie, des études d'innovation et des études de transition tendent à suivre des trajectoires cognitives et institutionnelles distinctes. Les intersections entre eux méritent d'être encouragées avec une attention particulière à certains principes généraux qu'ils partagent.
Emilia Sanabria: Science’s “Savage Slot”: the appropriation and erasure of Indigenous science in the psychedelic renaissance
Cette intervention examine ce que Trouillot (1991) a nommé la "faille sauvage" dans le domaine scientifique. Les efforts autochtones pour sortir de cette "faille sauvage" (à laquelle ils sont constamment réaffectés) menacent un récit fondateur de la science occidentale, à savoir que l'Occident possède des faits rationnels et validés expérimentalement tandis qu'"ils" ont des croyances et des traditions. Déranger la dichotomie entre sciences autochtones et occidentales se heurte souvent à une double contrainte : cela implique de les opposer pour faire valoir le point de vue, ce qui réanime la distinction que l’on essaie de démanteler. Cette intervention suggérera que la réitération de l’idée d’incommensurabilité radicale entre ces systèmes de connaissances pourrait parfois permettre d’éviter le travail difficile de créer des modes d'engagement "autrement" entre les sciences occidentales et autochtones. En s’appuyant sur une série de vignettes ethnographiques recueillies aux côtés de collègues autochtones dans la renaissance de la science psychédélique, cette intervention cartographie la manière dont les modes de connaissance autochtones en matière de guérison sont stratégiquement (et souvent partiellement) appropriés tandis que les contributions passées des Autochtones dans ce domaine sont effacées. En contraste avec l’accent mis sur le cerveau humain et la cognition qui prédomine dans la science psychédélique, les experts autochtones situent la connaissance dans les territoires et rappellent aux Occidentaux que d’autres êtres peuvent aussi penser avec nous.
Comment l'IFRIS est-il venu à exister et à durer ? Trois présentations des directeurs successifs de l'IFRIS : Pierre-Benoît Joly, Rigas Arvanitis et Marc Barbier.
Les présentations seront suivies d'une table ronde.
Jour 2 - Jeudi 7 Novembre 2024
Session plénière: dialogue scientifique
Two successive lectures by Jean-Paul Gaudillière (INSERM-EHESS, CERMES-3) and Andrew Stirling (Sussex University, SPRU), who will discuss the changes of scale present in the phenomena we study and the theoretical consequences this may have. Presentations followed by a scientific dialogue between the speakers, then opened to the audience.
Andy Stirling (Professor, Unversity of Sussex - Science Policy Research Unit):Transforming Imaginations for Sustainability
Jean Paul Gaudillière (Directeur de Recherche INSERM - EHESS, CERMES-3 ): Global Health, the Anthropocene and the conandrum of scale
Mathieu Quet (Directeur de Recherche IRD, CEPED): Convenor
Sessions parallèles (1)
Polluted Bodies, Embodied Knowledge, Reproductive & Environmental (In)justice
Convenors: Sezin Topçu(Senior Researcher, CNRS-EHESS, CEMS) et Cathy Herbrand(Professor, De Monfort University)
Speakers:
- Janette Lamoureux (Associate Professor, University of Arizona) on “Infertile Environments: Epigenetic, exposomic and extraterrestrial imaginaries of the body in context".
- Venla Oikkonen (Associate Professor, Tampere University), on “Bodily boundaries and pharmaceutical effects: Concerns about the long-term impact of medications among persons with endometriosis in Finland"
- Nolwenn Bühler (Senior Researcher, University of Lausanne), on "Breathing with the trouble: air pollution as a reproductive issue"
Discustant:Noémie Merleau-Ponty (Iris-Ehess)
Topic: The role played by industrial-environmental pollution in the emergence or worsening of reproductive issues or female illnesses (infertility, miscarriage, disruption of the menstrual cycle, endometriosis, SPOK, early puberty, etc.) has been the subject of an important amount of scientific research for the last decades. This problem has, however, received little media coverage and little attention from governing bodies until recently. The presence of toxic contaminants in the environment - in farmland, food, air, homes and everyday items - has been steadily increasing since the Second World War, as has their wide variety, augmenting the 'cocktail effect'. At the same time, it is their omnipresence, their multiplicity, but also their power of intergenerational transmission that make them invisible or elusive in space and time. The question of their impact on reproductive organs and processes is a sensitive, even taboo, subject, firstly because it calls into question the chemical and petrochemical industries in their entirety, while the survival of our productivist-consumer societies depends on them. Secondly, exposure to ubiquitous toxic contaminants calls into question individual responsibilities, consumption choices and lifestyles, which puts those affected in a delicate position with regard to who is culpable. Finally, in many cases, it reveals the pervasiveness of environmental and gender inequalities, particularly in post-colonial contexts. This thematic session will address this set of issues by focusing both on the dynamics of the production of scientific and medical knowledge on this topic, and on the experiences and experiential knowledge of patients and those affected. To this end, it will bring together theoretical and empirical work from feminist STS, environmental studies and/or decolonial studies, with the aim of strengthening academic reflection on the reproductive 'damage' of techno-industrial modernization.
Digital SHS : infrastructures de recherche, tracing digital spaces, the augmented social scientist
Convenors: Marc Barbier
Cette session vise à traiter et discuter trois enjeux majeurs du développement très actuel des Sciences Sociales Computationnelles : 1) l'enjeu de l’infrastructuration de la recherche en sciences sociales par des plateformes numériques, 2) les problèmes de traitement des questions de traçabilité des espaces numériques et 3) le déploiement des méthodes digitales pour équiper l'étude des transitions numériques et "augmenter" les chercheurs en science sociales en traitant les questions d’accessibilités techniques et juridiques aux données..
Speakers:
- Lionel Villard (Assistant Professor, Université Gustave Eiffel-ESIEE; CorTexT Director)
De la conception à l’adolescence d’une plateforme : 15 années de soutien de l’IFRIS à la plateforme Cortext
Comment l'IFRIS a accompagné le développement de la plateforme CorTexT ? Cette présentation souligne le rôle important joué par l'IFRIS depuis sa conception, présente la croissance de sa communauté d'utilisateurs et les différents modes d'usages associés, ainsi que son utilité pour les chercheurs en sciences sociales. Et au cœur de ces évolutions, se trouve l'objet technique : il se matérialise aussi par du code informatique de différentes natures, dont les douze années d'écriture seront présentées. - Etienne Ollion (CNRS, Prof. à l'Ecole Polytechnique):
Augmenting Ourselves
Que peuvent faire les sciences sociales avec les grands modèles de langage (LLM), et comment peuvent-ils transformer notre manière de faire de la science ? Après avoir introduit la logique des LLM, je réfléchis à leur potentiel et à leurs limites. Je soutiens que les LLM peuvent aider les chercheurs en sciences sociales à "s'augmenter" eux-mêmes, c'est-à-dire déléguer le travail fastidieux d'extraction et de marquage des données à une machine. En conséquence, l'utilisation de ces modèles ouvre un nouveau continent empirique pour l'analyse en sciences sociales et promet de mettre fin à la division du travail trop souvent improductive (entre annotateur et analyste). - Célya Gruson-Daniel (Inno³, COSTECH):
Plateformes et enclosures informationnelles : quelles postures pour la communauté scientifique ?
En février 2023, suite à l'acquisition de Twitter par Elon Musk, twitter devenu X propose une nouvelle tarification pour l'accès à son API. Pour les chercheurs et chercheuses, cela signifie la fin de projets de recherche. Pour des doctorants ou doctorantes, une remise en cause de leur terrain de thèse. Les recherches computationnelles en science sociales sont dépendantes aujourd'hui des plateformes dont elles étudient le contenu (traces numériques). Les relations asymétriques entre propriétaires des plateformes et monde académique se matérialisent notamment dans le rapport aux API et les changements intempestifs des ToS (Terms of Services). Face à ces enclosures informationnelles, plusieurs solutions sont envisagées : du webscraping (souvent illégal), au partenariat avec ces plateformes (très couteux) ou encore des protocoles de donation de données (complexes à mettre en œuvre). Dans la mouvance des mouvements du libre et des communs, quelles postures et initiatives possibles pour favoriser la collecte de données dans une démarche de confiance et éthique ?
Sessions parallèles (2)
Les infrastructures à l'épreuve de la crise écologique: Inerties, bifurcations, ruptures
Convenors :Sara Aguiton (CNRS, CAK) & Clément Marquet (Mines Paris Tech, CSI)
Conférenciers
- Fanny Lopez (ENSA-PARIS Malaquais, LIAT): « Changement technique : questionner les architectures, théories et doctrines des réseaux électriques »
- Daniel Florentin (ENPC - LATTS) : « Les ambivalences de la gestion des infrastructures face aux crises écologiques: entre attention à la maintenance et retour du grand système technique »
- Léo Magnin (CNRS, LISIS) : « Infrastructures agroécologiques et numériques : la grande divergence »
Thème de la session.
Ce panel entend explorer les nouvelles relations, souvent conflictuelles et parfois ambigües, qui se construisent autour des projets d’écologisation infrastructurelle. Les bouleversements climatiques et environnementaux mettent à l’épreuve les infrastructures héritées de la modernité industrielle, que celles-ci soient matérielles (par exemple le réseau électrique) ou informationnelles (par exemple les aides de la PAC). L’écologie alimente également de nouvelles promesses infrastructurelles (IA for green, hydrogène, électrification). Au cours de ces transformations, les infrastructures sont critiquées, accusées d’effets d’irréversibilité ou d’inertie face à d’impératives mutations socio-écologiques. Elles doivent aussi être transformées, aménagées, voire tout bonnement abandonnées pour limiter l’ampleur du changement climatique et des désastres associés. Enfin, les infrastructures subissent également de plein fouet les conséquences des perturbations environnementales - que ce soit par leur inadaptation aux nouvelles conditions météorologiques, leur vétusté, ou leur incapacité à accomplir les changements attendus d’elles. Dans un contexte d’écologisation des politiques publiques non sans contradiction, le développement des réseaux, de même que les logiques et pratiques d’aménagement urbain et de développement agricole font l’objet de nouvelles promesses, de contestations de plus en plus vives et sont au cœur de conflits d’expertises.
Le projet de ce panel est d’interroger la lente reconfiguration des infrastructures vers des modèles prolongeant les promesses de la modernisation dans son versant écologique ou au contraire prônant une rupture nette pour réinventer de nouvelles manières de « faire infrastructure » de façon plus distribuée, sobre, et soucieuse de la multiplicité des formes de vie. Dans quelle mesure la fragilisation des infrastructures offre-t-elle de nouvelles prises pour faire entendre les voix visant à leur écologisation ? Quels sont les standards mis à l’épreuve et revisités par les tenants de la bifurcation écologique ou des ruptures infrastructurelles ? Quelles conventions, agencements matériels et pratiques contribuent à consolider l’inertie d’infrastructures pourtant mises à l’épreuve ?
"Endings in the Anthropocene"
Session organisée par Bruno Turnheim (INRAE, LISIS) and Lea Fünfshilling (Lund University, Sweden)
Conférenciers: Jérôme Denis, Centre de Sociologie de l’Innovation, France.
Caitlin DeSilvey, Universtiy of Exeter, UK.
Alexandre Monnin, ESC Clermont Business School, France.
Topic
With Endings in the Anthropocene, we intend to engage an interdisciplinary conversation within the social sciences and humanities about :
* How established things come to an end?
* What such processes of endings entail,
* What can be done about them ?
* How to think through them?
Still peripheral in most social sciences and humanities, there is growing literature on destabilisation, discontinuation, de-institutionalisation, decline, degrowth, decay, dismantling, loss… These questions are, in our view, acquiring new significance and flavour in relation to major societal challenges, including those conjured up in the reflexive moment signified by ‘Anthropocene’. While appetites for emergences, continuations, accumulations, expansions and control - so deeply entrenched in the modern condition - are not so eagerly tenable any longer, ends offer no obviously palatable prospect. Provided that endings is a fundamental research problem for social sciences and humanities, and that it offers an auspicious entry point for transforming society, we would like this panel to reflect on its particular epistemological and normative profile, and possible implications.
Session spéciale
"Researchers being puzzled by transitions"
Cette session propose une table-ronde scientifique avec trois conférenciers qui ont étudié les transformations récentes avec une approche STS dans les domaines des politiques climatiques, de la post-vérité et de la santé globale. Ils, elles proposeront leurs réflexions sur le fait d'être perturbés dans leur travaux par les revirements de l'histoire récente.
Amy Dahan (Em. CNRS) on "the climatic regime after the schism of reality";
Ann Kelly (Oxford School of Anthropology and Museum Ethnography) on "Global Health Knowledge, Practice and Possibility in the Aftermath
Johan Södeberg (Uninversity of Gothenburg) on "Truth, Alt-Fact and Making Science"
Convenor: Guillaume Lachenal (SciencesPo Medialab)
Jour 3 - Vendredi 8 Novembre 2024
Sessions parallèles (3)
Transport infrastructures and the authority of development. Road projects in the global south countries
Convenors :Nassima Abdelghafour (CEMS, EHESS / IFRIS) & Mathieu Quet (Ceped, Paris)
Speakers: Nitin Bathla (ETH Zurich), Nora Marei (Prodig, Paris)
Discussant: Roman Solé-Pomiès (CSI, Mines Paris)
Topic
In recent years, protests against large transportation infrastructure projects have met with growing resistance among the populations worldwide. Movements against airport projects (such as Notre Dame des Landes in France), megaports creations or extensions (such as in Colombo, Sri Lanka) have raised sometimes high intensity protests and suggest that consensus is far from being ensured on such development initiatives. In some regards, the opposition raised by these projects shares similarities from the richest to the poorest countries. However, there are multiple differences in the ways the projects are promoted and implemented, but also in the ways they are contested, depending on geographies, socio-economic contexts, government practices. Additionally, such projects take place within global scale politics (such as the European integration or the Chinese Belt and Road initiative) that operate in differentiated ways depending on the context in which they emerge and on the geopolitical strategies they support. Acknowledging these differences, the panel offers to focus on the implementation of transport infrastructures (and associated protests) as they take place in the Global South, based upon the particular case of road projects. This panel contributes to a series of discussions at the crossroads between infrastructure studies and development studies in the Global South. Postcolonial STS has been a fast growing corpus within STS. Scholarship bearing on developing and emerging countries has brought up multiple considerations within the ambit of science studies. We hope that the discussion will help fostering the dynamics of a general reflection upon how technoscience and infrastructures expand within Global South countries – and how they are innovated, diverted, and criticized.
Pratiques et politiques de la recherche participative
Convenors: Bertrand Bocquet (Université Lille 1 et CNAM-HT2S) , Aurélien Féron (CNRS, CAK) et Germain Meulemans (CNRS, CAK)
Conférenciers : Cyril Fiorini (Sciences Citoyennes); Marie-Océane Fékaïri (L'Atelier Paysan), Johanna Lees (LaSSA, Centre Norbert Elias)
Comment les démarches de sciences participatives et les travaux de STS se nourrissent-ils réciproquement ? Et à notre échelle, quelle a été la place des recherches participatives au sein de l’IFRIS et comment celui-ci les a-t-il alimentées?
C'est autour de ces questions que cette session thématique s'organisera. Il s'agira ainsi de se demander ce qu'induit la recherche participative sur les STS et, symétriquement, comment les STS contribuent à la transformation de ces démarches.
On s'intéressera d'une part aux pratiques, en s'efforçant de tenir compte de la diversité des démarches, des positionnements et des méthodologies. On s'interrogera d'autre part sur la politique de ces projets, à la fois au sens général (par exemple dans le rejet des distinctions préconçues entre "la science" et "le politique"), mais aussi au niveau plus local des rapports de savoir et de pouvoir qui se construisent entre partenaires au fil du choix des questions de recherche et des processus de co-production de savoirs.
Titres des interventions
Marie-Océane Fékaïri (L'Atelier Paysan) : « Retour d'expérience de recherche participative côté non-chercheur dans le projet POLitique de la Machine Agricole (POLMA) ».
Johanna Lees (LaSSA & Centre Norbert Elias) : « Etre chercheur/se dans un projet de recherche participative : un changement de posture éthique, politique, scientifique ? Le cas de l'étude Fos EPSEAL ».
Cyril Fiorini (Sciences Citoyennes) : « Le tiers-veilleur : un dispositif socio-technique d’accompagnement des pratiques de recherche participative ».
Session en Français
Sessions parallèles (4)
Plurivers, et après ?
Convenors : Elise Demeulenaere (CNRS, CAK) & Diego Landivar (Prof. ESC Clermont Business School, France)
Avec: Mario Blaser (Memorial University of Newfoundland)
Depuis la fin du XXe siècle, un vaste mouvement dans les sciences sociales s’est attelé à déconstruire l'idée d’une réalité unique, universelle et objective, qui ferait l’objet d’une diversité de représentations « culturelles ». Tour à tour, les perspectives matério-sémiotiques, le perspectivisme et le tournant ontologique en anthropologique qui s’ensuit, la pensée décoloniale, ou encore le pragmatisme, n’ont cessé de proposer l’idée que les entités qui composent le monde résulteraient d’engagements pratique et cognitif des acteurs. Il en découlerait, non pas un univers mais, un plurivers.
Si ce mouvement intellectuel a permis de mettre à l’épreuve les grands découpages modernes (nature/culture, sujet / objet, société/environnement), il semble s’enfermer dans une célébration romantique du pluralisme sans en examiner les conséquences. Pourtant, prendre acte de l’existence de mondes multiples ouvre nombre de questions politiques et epistémiques. Cette session accueillera des travaux qui ont en commun de penser l'après plurivers, non pas pour dresser son portrait critique mais plutôt pour imaginer les conséquences plus ou moins radicales de son intensification. Le plurivers n’est-il que joyeux ? Comment les collectifs concernés composent-ils des « connexions partielles » entre mondes ? Quid des collectifs qui décident de ne pas (ou ne plus) composer avec les autres ? Quelles sont les issues compositionnistes lorsque les mondes sont radicalement éloignés, ou qu'il existe des asymétries manifestes ? Quelles innovations politiques émergent-elles ? Comment les chercheurs doivent-ils se positionner ?
Regulations of AI
Convenors: Bilel Benbouzid, Associate Professor of Sociology, UGE; Valérie Peugeot, Social Science Researcher in Digital Studies, Orange Labs
Spekers:
Jerome De Cooman (University of Liège, Belgium) on "The Standardization of Artificial Intelligence: What Objectives, What Legitimacy?", examining the legal and political issues of AI standardization at the European level.
Anne Bellon, COSTECH, University of Technology of Compiègne, France. on the socio-technical issues of new technologies and their regulation: the Digital Service Act and the Digital Market Act.
Topic
What form of digital governance is emerging from the new regulatory framework in Europe? Organized by Bilel Benbouzid and Valérie Beaudoin Session Topic This workshop offers an interdisciplinary reflection on the transformations brought by recent regulations in the digital sector, such as the Artificial Intelligence Act, the Digital Services Act (DSA), and the Digital Markets Act (DMA). We will analyze: 1. How these laws define the governance of digital actors; 2. The compliance, transparency, and power mechanisms of regulators that they establish; 3. Their potential to correct and guide the practices of large digital companies. These laws are part of an ongoing transformation of the law, where instead of imposing strict rules, a mode of governance encourages self-regulation and collaboration between regulators and regulated entities. Innovative tools such as regtechs, compliance processes, and regulatory sandboxes are at the heart of this transformation. However, this evolution raises numerous questions. The collaborative posture of the regulatory state sometimes risks diluting its authority in the face of companies. Moreover, despite the sanctions provided by the new regulations, their concrete impact may be delayed by the complexity of control mechanisms and legal appeals. Furthermore, the growing technicization of regulation, with the proliferation of "regulatory knowledge," raises questions about its effects on democracies. Thus, this workshop will closely examine the real impacts of these regulations and the issues they raise, particularly in terms of the protection of fundamental rights and the effective transformation of digital practices. The workshop aims to discuss these complex developments and their implications, while inviting an interdisciplinary reflection among legal scholars, political scientists, and sociologists to grasp the political meaning of this new legal framework in Europe.
Session plénière "Agenda de recherche"
Une conférence de Soraya Boudia (Prof. Univ. Paris Cité, CERMES-3) faisant suite à la parution de l'encyclopédie sur les STS France, qui mettra en perspective les questions de l'institutionnalisation des STS en France.
Les anciens postdocs de l'IFRIS proposent le résultat de leurs réflexions sur l'avenir du domaine de recherche sous l'angle d'un agenda de recherche et de considérations institutionnelles.
La discussion est ouverte à la salle pour évoquer l'avenir du domaine de recherche.